
Le patrimoine historique du radio amateurisme de la côte d’Azure vient de s’enrichir de deux documents d’archives exceptionnels datant de mars 1931. Ils témoignent de l’activité intense et du rôle d’expert joué dès l’origine par notre ancêtre, le Radio-Club d’Antibes et Juan-les-Pins, présidé à l’époque par M. Hramey (également président de la Fédération des R.C. du Sud-Est de la Côte d’Azur).
Une correspondance musclée sur l’émetteur de Juan-les-Pins
Les documents s’articulent autour d’une question épineuse de l’époque : le projet d’augmentation de puissance du poste radiophonique de Juan-les-Pins, envisagé de 0,6kW à 6 kW (voire 8kW selon certaines indiscrétions d’autorités militaires de l’époque).
Dans une lettre officielle adressée au Maire d’Antibes en date du 16 mars 1931, le président Hramey fait part des vives inquiétudes des « sans-filistes » locaux. L’emplacement initial du poste, jugé trop proche des habitations et en zone encaissée (souffrant d’un « rideau de montagnes » limitant la propagation vers le Nord de l’Europe), posait de sérieux problèmes de brouillage.
Le rapport technique de M. Blanc : un plaidoyer pour la délocalisation
Joint à la lettre, un rapport technique détaillé rédigé par M. Blanc, conseiller technique du club, dresse un état des lieux rigoureux. Il s’appuie sur de nombreux exemples en France et à l’étranger pour démontrer qu’un émetteur puissant ne doit pas cohabiter au cœur des agglomérations :
- En France : Radio Paris (Essert-le-Roi à 50 km), Le Petit Parisien (Limoure à 30 km), Radio Toulouse (Château de Saint-Aignan à 32 km) ou encore Radio Strasbourg (Brumath à 20 km).
- À l’étranger : Varsovie, Bruxelles (Velthem), Lausanne (Sottens), Stuttgart (Mühlacker)… Tous avaient fait le choix d’éloigner leurs émetteurs de 20 à 60 km des villes pour préserver la sélectivité des postes récepteurs des auditeurs.
Le rapport souligne qu’avec la puissance de 0,6 kW, le poste de Juan-les-Pins « apporte une gêne considérable à l’écoute des autres stations » sur les récepteurs à changement de fréquence. Une multiplication par dix de la puissance risquait de saturer totalement le cadran ! Le club préconisait ainsi un déplacement de l’antenne à une quinzaine de kilomètres d’Antibes (tout en gardant le studio sur place), associé à un contrôle par quartz et une régulation stricte de la modulation.
Un ancrage historique indéfectible
Ces archives remarquables démontrent que, dès 1931, le Radio-Club d’Antibes et Juan-les-Pins exerçait déjà son rôle de veille technique, de conseil auprès des collectivités locales et de défense des auditeurs et passionnés de TSF. Près d’un siècle plus tard, la passion des ondes et l’exigence technique restent plus que jamais au cœur des gènes de F6KHK !
